Partager l'article ! LA LÉGENDE D’HIRAM: Daniel B ...
Daniel Beresniak
PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION : Deux chapitres de la Bible parlent d'Hiram les Rois et les Chroniques. Ces deux textes racontent les mêmes événements mais trois siècles séparent la période de leur rédaction. Dans le texte postérieur (Chroniques) Hiram, nommé ici Houram, (avec un vav à la place du iod) est grandi : de spécialiste du bronze, il est devenu l'artisan au sens que les artistes italiens du trecento et du quattrocento donnaient à ce terme : expert en toutes les modalités de la matière, qu'elle soit minérale ou végétale. Ce fait permet de supposer qu'il y eut une légende autour de ce personnage, dès l'antiquité.
La question de la légende est à associer à une autre : plusieurs personnages, Hiram, Christ, Krishna, vivent une passion : assassinés par des proches, ils ressuscitent et, en outre, leurs aventures ont autre chose en commun : ils ont un nom articulé à partir de deux gutturales dont la première est dure et la seconde molle.
Ce texte a été écrit pour poser ces questions, il y a environ vingt ans. Plus récemment, en explorant le moyen-égyptien dans la grammaire de Gardiner, j'ai trouvé un sens à cette double gutturale qui se trouve dans une prière à Ptah, avec la signification particulière « grand ». « Ptah est grand » s'écrit en moyen égyptien « Ptah Kh-R- » sans que nous sachions comment ces mots étaient vocalisés. Nous les reconnaissons néanmoins dans l'énoncé d'un nomen mysticus emprunté par un voyageur grec, « Pta-goras », « Pythagore », qui deviendra dans les textes anglais du Moyen-Age (dits « Old Charges » ou « Vieux devoirs »), Peter Gower.
Ces noms, ces personnages, ces légendes, racontent de manière allusive, allégorique et symbolique les rapports conflictuels entre l'amour, le pouvoir et le savoir. Là est la trame de l'aventure humaine, tragédie et comédie. Les divers niveaux de lecture mettent en évidence les strates du sens, c'est à dire les expériences qui, s'ajoutant les unes aux autres, créent du sens. Et chaque question donne la vie à une réponse qui, à son tour, revivifie le questionnement. Le thème de la parole perdue à chercher est toujours associé au meurtre et le meurtre est toujours associé à la construction. D'autres légendes confirment ces associations. Et aussi toute l'histoire et toutes les histoires.
Ce qui est exposé dans ce texte ne propose aucune réponse aux questions existentielles, mais procure des informations utiles au voyageur qui veut poursuivre son chemin pour le plaisir d'aller plus loin. C'est un plaisir qui honore une quête sans cesse menacée par les certitudes. L'homme est toujours à être et l'oeuvre est à accomplir. Ce livre, né d'autres livres, a entraîné la naissance d'autres livres. Chacun explore une piste, depuis des questions jusqu'à d'autres questions.
Une conclusion à cette préface ? Un dernier accord pour inviter à la danse du sens ? Un peu de pathos en clin d'oeil de connivence ? Alors, voici une parole d'un frère aîné, Goethe : « Qui ignore le « Meurs et deviens ! », n'est qu'un morne passager sur une terre ténébreuse ».
ISBN : 2-905-319-03-8 – Edition : Detrad 1995 – Prix : 11,40 € – 116 pages.
Avis : L’initiation, nous dit l’auteur n’est pas faite pour la satisfaction égoïste de quelques-uns car tous ne la supportent pas. Elle apporte les plus grandes douleurs en même temps que les plus grandes joies. Mais l’expérience que vivent ces quelques-uns concerne l’humanité tout entière.
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