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À la recherche du
sens perdu des mots
4ème de couverture : Après 33 ans d'enseignement de la littérature, je me méfie toujours du sens obligatoire des mots et, ces dernières années, je me suis tourné tout naturellement vers une langue ancienne qui utilise les procédés de la langue imagée afin d'aider le lecteur à trouver le sens du réel au lieu de le lui dire en l'assommant avec le sens « propre ». Cette langue du Moyen Âge, c'est la langue des oiseaux et il m'est apparu qu'elle reste très moderne puisque je ne suis plus sûr que la mentalité médiévale soit si loin que cela...
La langue des oiseaux, c'est la langue des anciens alchimistes qui l'employaient afin d'exprimer un propos transgressif sans se faire emprisonner ou tuer par les bonnes âmes de l'époque. Avec leur utilisation des jeux de mots, des rébus, des expressions populaires, avec leur emploi des mots dans leur sens étymologique ou leur invention de néologismes, ils s'écartaient à la fois de la norme linguistique et de l'idéologie de ceux qui l'imposaient. Ils montraient un nouveau sens, une nouvelle façon de comprendre la réalité.
À mon tour, j'emploierai dans ce livre leurs procédés d'une langue multiforme pour expliquer ce monde qui me semble avoir plusieurs sens. Le but n'est plus celui de la rigidité du sens, au contraire. La loi de l'analogie est donc remise à l'honneur pour rapprocher des catégories créées artificiellement. La division entre une langue prétendument claire et une langue dite imagée n'a pas lieu d'être. C'est une différence d'emploi et d'interrogations plus que de vérité des mots.
La langue des oiseaux est la langue de la liberté de parole, la langue de l'ouverture d'esprit, la langue d'un ancien dépôt de sagesse. C'est, dans les deux sens du terme, une langue spirituelle.
Spécialisé en littérature québécoise ancienne, 1’auteur a enseigné à l'université, puis au collège Ahuntsic à Montréal. Préoccupé par l'idée qu'il doit y avoir un sens dans ce monde qui paraît n'en avoir aucun, il a cherché des réponses dans divers domaines : d'abord les mathématiques, puis la littérature, avec des traverses dans les arts de la scène et la psychologie. Aujourd'hui, il reste convaincu que c'est le langage qui est la base et le miroir des misères et de la grandeur de l'être humain.
ISBN : 2-89239-334-7 – Edition : Louise Courteau 2010 – Prix : 19,00 € – 218 pages.
Avis : On ne trouvera pas dans cet ouvrage de révélations fracassantes sur les codes utilisés par les anciens, tels que Rabelais par exemple, pour cacher aux profanes leurs réflexions profondes dans les matières que le clergé de l’époque ne pouvait souffrir. Pour cela rien ne vaut les travaux de Fulcanelli ou de Grasset d’Orcet. Le mérite de Baudouin Burger réside dans le fait qu’il ouvre des pistes pour familiariser son lecteur avec l’analogie, l’homophonie et les différentes façons d’utiliser à dessein les mots de la langue française, à laquelle il se tient, alors que les érudits du Moyen-Âge ne se gênait pas pour jongler avec le latin, le grec ou l’hébreux. Néanmoins, ce livre passionnant, attrayant et ludique devrait faire le bonheur de ceux qui aime les jeux de mots.